2020
24 july - 16 august

Eco-friendly!

Sous la musique, une ambition : développer un territoire. Non, la ruralité ne constitue pas un obstacle pour créer de grandes choses au service de tous. La preuve en chiffres avec Jazz in Marciac.

Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, mais parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles » : cette citation de Sénèque illustre on ne peut mieux le destin de Jazz in Marciac et le pouvoir du monde associatif.

Personne n’aurait imaginé qu’un village isolé du Gers puisse donner naissance à un festival d’une notoriété telle qu’elle pulvérise les idées reçues : oui, pour peu qu’ils aient confiance en leur créativité, les territoires ruraux sont tout aussi capables de se développer que les grandes métropoles.

Déjouant la malédiction de l’exode, Marciac est ainsi passé de 1 100 à 1 350 habitants depuis la création de JIM.

Mais il n’est pas nécessaire de compter les personnes pour constater les changements : un cœur de ville restauré, une salle de 500 places – L’Astrada pour ne pas la nommer – érigée sur un terrain vague, un hôtel 5 étoiles à la place d’une ancienne école, un collège sauvé de la fermeture grâce à la création d’ateliers d’initiation au jazz puis de classes de musique, une nouvelle maison de santé, l’arrivée d’entreprises spécialisées dans les espaces verts, le conditionnement de légumes ou encore le recyclage de textile, une résidence Pierre et Vacances, de multiples chambres d’hôtes, une dizaine de cafés-restaurants…

Selon un rapport officiel, les activités culturelles contribuent sept fois plus au PIB français que l’industrie automobile

Tout n’y figurait pas mais les visiteurs de l’exposition organisée pour la quarantième édition du festival ont pu mesurer grâce à des photos du temps passé et d’aujourd’hui à quel point Jazz in Marciac avait transformé le village.

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Plus de 240000 festivaliers

Le village et ses alentours, cela va sans dire. On n’accueille pas plus de 240 000 festivaliers sans que tout un territoire, en l’occurrence le Pays du Val d’Adour, n’en tire profit. Un rapport « Flux Vision Tourisme » a établi qu’en 2017, le volume global de nuitées pour Marciac et ses proches environs était multiplié par dix durant le festival. D’un volume global estimé à 170 000 nuitées, il représentait près d’une nuitée sur quatre du département.

Si la moitié des festivaliers viennent du SudOuest, principalement de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées sans compter évidemment le Gers, les départements d’Île-de-France représentent 16 % des visiteurs français. À quoi s’ajoutent 10 % de festivaliers étrangers venus principalement du Royaume-Uni, de la Belgique, du Luxembourg, de l’Allemagne et de l’Espagne. En 2016, cet ensemble constituait 52 218 entrées payantes.

Le cabinet Traces TPi avait établi deux ans auparavant que chaque festivalier dépensait en moyenne 570 euros. Des chiffres à réactualiser mais dont on ne peut réfuter l’importance : le shopping représente le deuxième poste de dépenses des touristes après la billetterie, indique cette étude. Et 47 % d’entre eux achètent des produits du terroir – vins, charcuterie et autres gourmandises – pour près de 100 euros en moyenne, à la grande satisfaction des petits producteurs locaux.

Un réservoir de jobs d’été

Les cafés-restaurants bénéficient eux aussi de cette aubaine. Et même s’ils multiplient par trois ou quatre le nombre de leurs employés, offrant ainsi un réservoir de jobs d’été, ils ne suffisent pas à accueillir toute la clientèle. Une soixantaine de commerces de bouche supplémentaires éclosent pour la manifestation.

En résumé, sous les notes de jazz, d’excellents chiffres. Mais on aurait tort de s’en étonner. Un rapport des ministères de l’Économie et de la Culture commandé en 2014 n’avait-il pas démontré que les activités culturelles contribuaient sept fois plus au PIB français que l’industrie automobile ? Finalement, il peut être très agréable d’accomplir un geste citoyen…

Jules Mathéo

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