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Jazz in Marciac vous propose d’offrir un chèque-cadeau du montant de votre choix (à partir de 10 €), déductible d’un achat de billetterie (places ou abonnements) pour les Sessions d’automne, d’hiver et de printemps 2009/2010 ou pour le festival 2010.

Profitez de cette formule pour offrir un cadeau original, adapté à votre budget !

Pour commander votre chèque-cadeau, contactez Laure ou Frédéric au 0892 690 277 (0,34€/mn) ou complétez le bon de commande (un bon de commande par chèque) et adressez-le, accompagné de votre règlement et d’une enveloppe timbrée, à :

Jazz in Marciac / Kdo
BP 23
32230 MARCIAC

WYNTON MARSALIS 5tet & RICHARD GALLIANO

"FROM BILLIE HOLIDAY TO EDITH PIAF" - Live in Marciac

CD-DVD Jazz in Marciac/Harmonia Mundi
DVD : réalisation Frank Cassenti
Sortie le 5 novembre 2009


Le premier souffle du passé dans son présent ; le second, l’inverse. Qu’est-ce qui pouvait réunir ces deux solistes, par-delà leur tracé de carrière, si ce n’est une idée plus grande qu’eux ? Il a fallu que ce soit deux femmes, deux légendes à coup sûr : Edith Piaf et Billie Holiday. Elles auraient pu réciproquement s’emboîter le pas tant leur vie s’apparente à une tragédie grecque dont le vingtième siècle aurait exacerbé les traits : chacune portait une cicatrice trop voyante pour être apaisée par l’onction de la célébrité. La souffrance au bout de la voix, le mal de vivre, « la vie en rose » qui tourne au bleu à l’aube d’un « sombre dimanche * » : ces clichés et, plus encore, les titres auxquels ils sont associés disent tout… Mais une trompette virtuose et un accordéon émancipé annoncent-ils la énième rencontre entre le jazz et la java ? Ils sont pourtant bien là, ces thèmes en forme de valse, au tourbillon suggérant ce swing au-delà du swing, ce balancement qui, pour n’être pas d’une égale élasticité, semble aguerri par un baiser d’outre- Atlantique. Surtout, il y a cette culture transversale revendiquée par Richard Galliano–de Bach à Satie, de Charlie Parker à Bill Evans- qui, non content de brouiller les pistes en se transmuant tour à tour en harmonica, en piano, en orgue, en flûte, en respirs furtifs… a imposé l’accordéon dans la famille du jazz. Et sans doute le passé de musicien classique de Wynton Marsalis (on pense aussi à son admiration pour Maurice André), son acculturation aux codes musicaux de notre pays, renforcée par le pèlerinage marciacais l’ont-ils momentanément détourné de son oeuvre de préservation et d’enrichissement du patrimoine musical noir-américain, dont il est devenu bien plus que le conservateur en chef. Du pavillon de sa trompette s’échappe en toute maîtrise une généalogie affective frottée à l’aïl tonifiant de son imagination ; des phrases hardiment pensées, aussi contrôlées qu’elles restent expressives… avec ou sans le débouche-évier des jungles ellingtoniennes. C’est ainsi qu’en allant chacun à la rencontre de l’autre, tour à tour au bras de Billie et à celui d’Edith, ils ont fait se lever un chapiteau qui était venu entendre un moineau perché sur un gardénia.

François Lacharme


* Gloomy Sunday, thème qui fut censuré par les radios dont la BBC - qui considéraient ses paroles trop déprimantes.


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