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Pleins feux

EMILE PARISIEN - COMPTE RENDU

Parfois la fierté s’ajoute au plaisir : c’est le cas lorsque Marciac reçoit Emile Parisien qui fut il y a vingt et un ans l’un des pionniers des Ateliers d’Initiation à la Musique de Jazz du collège… Alors, le petit jazzman est-il devenu grand ?

Ce n’est plus une question à se poser au sujet d’Emile Parisien car il produit sur scène comme sur ses disques de la grande musique comme on en entend rarement. Voici désormais la seule interrogation qui reste sans réponse : mais où s’arrêtera-t-il ? Ce concert confirme, s’il en était besoin, qu’Emile Parisien est un saxophoniste tout à fait remarquable, suffisamment mûr pour mettre sa virtuosité au service de son imagination plutôt que l’inverse. Il est accompagné ce soir par une remarquable rythmique qui lui sied à merveille : Joachim Kuhn au piano, Manu Codjia à la guitare, Simon Tailleu à la contrebasse et Mario Costa à la batterie. Le pianiste, qui n’est pas tombé de la dernière pluie, construit intelligemment le contrepoint idéal du flamboyant saxophoniste avec un beau discours empruntant à la tradition classique et lyrique allemande. Il apporte des accents et un caractère anguleux en plus d’un côté moderniste qui lui est propre. L’osmose entre l’ « ancien » et les jeunes « loups » fonctionne parfaitement. Ce quintet est donc une base très confortable pour Emile Parisien qui donne un récital de constructions mélodiques avec une virtuosité qui se laisse quand même parfois emporter par la digression musicale. Cependant, ses passages en solo absolu attestent d’un sens du récit peu commun, a fortiori chez un jeune musicien.

Il y a mille sujets de réflexion et d’étonnement dans ce concert où Emile Parisien nous rassure sur la grande vitalité de son jazz. Sa musique est une véritable bouffée d’oxygène pour ceux qui pensent que le jazz n’est plus capable de générer de belles surprises. Il ne lui manque plus qu’un album de référence avec cette formation pour franchir un nouveau cap.


photo © Maurice Serres